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Interview de Clarence MICHEL de Panacée - Agenda médicaux : une nouvelle génération de plateformes de rendez-vous accessibles

Clarence, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer ce qui vous a conduit, avec Panacée, à vous positionner sur le créneau très spécifique des logiciels médicaux de prise de rendez-vous en ligne, à un tarif volontairement accessible ?

Je suis Clarence Michel, co-fondateur de Panacée. Pour comprendre notre démarche, il faut remonter à 2020. C'est à ce moment-là que j'ai eu la chance de rejoindre la famille Minault pour une mission technique d'envergure : accompagner la migration vers le cloud de milliers d'utilisateurs d'un logiciel médical historique.
Pendant ces années, nous avons été au cœur du réacteur. J'ai passé mes journées (plus précisément mes soirées et mes weekends…) à écouter les médecins, à gérer leurs pannes, et surtout, à comprendre leurs frustrations. J'ai vu des professionnels de santé submergés par la complexité administrative, des outils de plus en plus lourds, et un sentiment grandissant de perte de contrôle sur leur propre cabinet.
Le déclic est venu de là. Nous avons réalisé que la technologie, au lieu de les aider, était en train de "manger" leur temps médical.
Avec Panacée, nous avons voulu prendre le contre-pied total de cette tendance. Notre mission n'est pas de vendre un logiciel de plus, mais de redonner du temps médical aux soignants et de les aider à reprendre la main sur leur patientèle, sans intermédiaires inutiles.
Pourquoi commencer par l'agenda à un tarif accessible ? Parce que c'est la porte d'entrée du cabinet. C'est le verrou qu'il faut faire sauter pour libérer le médecin. En proposant un outil simple, souverain et économiquement juste, nous permettons aux praticiens de se réapproprier leur organisation.
Mais ne vous y trompez pas : cet agenda n'est que la première brique. C'est le socle technique stable sur lequel nous sommes en train de bâtir tout l'écosystème du cabinet médical de demain.

Vous proposez une plateforme à 30 € par mois, là où les acteurs dominants du marché sont souvent perçus comme coûteux et difficilement contournables. Concrètement, sur le terrain, quelles sont les principales douleurs que vous cherchez à résoudre pour les médecins, et en quoi votre approche technique et ergonomique diffère-t-elle de solutions comme Doctolib ?

C'est une question de modèle autant que de technologie. La douleur principale que nous entendons sur le terrain, ce n'est pas seulement le coût, c'est la perte de souveraineté.
Aujourd'hui, beaucoup de médecins ont le sentiment d'être devenus « otages » de solutions qui leur « apportent des patients. Ils subissent des interfaces complexes, des fonctionnalités imposées et, pire, une "volatilité" de leur patientèle qui est encouragée par le design même de ces grandes plateformes.
Notre réponse technique est radicalement différente grâce à un facteur nouveau : l'intelligence artificielle.
Nous sommes entrés dans une ère où l'IA accélère le développement de façon spectaculaire. Là où un acteur historique met six mois à valider un changement d'interface, notre équipe, appuyée par ces nouvelles technologies, peut intégrer un retour utilisateur et déployer une correction ou une fonctionnalité en quelques jours. Cette agilité nous permet de casser les coûts de structure tout en étant beaucoup plus à l'écoute.
Concrètement, cela se traduit par une ergonomie du "silence". Nous ne cherchons pas à capter l'attention du médecin, mais à l'économiser. Notre interface, basée sur Material Design, est épurée, intuitive : zéro formation nécessaire.
Mais au-delà de la technique, c'est une philosophie : "Médecins, reprenez le pouvoir".
Avec Panacée, l'agenda n'est pas un annuaire publicitaire, c'est votre outil de gestion privé. Le patient prend rendez-vous avec son médecin, pas avec une plateforme. C'est ce lien de confiance direct que nous restaurons, techniquement et éthiquement.

Votre expérience préalable dans les solutions numériques de santé, notamment avec Med-Support, a certainement façonné votre regard sur les besoins des praticiens. Pouvez-vous nous décrire un ou deux exemples très concrets de retours de médecins qui ont influencé le design fonctionnel ou le modèle économique de Panacée ?

Absolument. Med-Support est notre "laboratoire" permanent : c'est là que nous écoutons les problèmes techniques réels des cabinets avant même d'écrire une ligne de code pour Panacée.
L'exemple le plus frappant nous vient de nos tout premiers utilisateurs, une grosse Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) en Occitanie.
Lorsqu'ils ont testé la première version de l'agenda Panacée, ils nous ont dit : "C'est très bien pour la prise de rendez-vous, mais nous, on travaille en équipe. Comment je dis à ma secrétaire de rappeler ce patient ? Comment je signale à mon associé qu'il y a une urgence sur un dossier partagé ?"
Ils utilisaient des post-its, des emails, ou criaient dans le couloir. Les gros logiciels du marché sont souvent pensés pour un médecin isolé, pas pour une structure coordonnée.
La réponse Panacée a été immédiate.
Grâce à notre architecture moderne, nous n'avons pas mis six mois à sortir une "V2". Deux semaines plus tard, la fonctionnalité était en production chez eux.
Nous avons intégré un système de gestion de tâches collaboratives directement dans l'agenda. Aujourd'hui, une secrétaire peut assigner une tâche à un médecin, un généraliste peut "pousser" une note à une infirmière, le tout sans quitter l'interface.
C'est cet exemple qui a validé notre modèle économique et fonctionnel : nous ne cherchons pas à deviner les besoins depuis une tour d'ivoire à Paris. Nous faisons de la co-construction. Panacée est, littéralement, le logiciel que les MSP écrivent avec nous.

Le partenariat avec l’association Médecins pour Demain vous inscrit dans une démarche presque militante pour la défense du système de santé et des conditions d’exercice. Comment ce partenariat se traduit-il dans le développement de votre logiciel : y a-t-il des fonctionnalités, des choix de gouvernance des données ou des engagements contractuels qui en découlent directement ?

Il est important de lever une ambiguïté : Panacée n'est pas un projet politique, c'est une réponse industrielle.
Nous ne sommes pas des militants, nous sommes des bâtisseurs. Ce qui a séduit Médecins Pour Demain (MPD), ce n'est pas une couleur politique, c'est notre pragmatisme. Ils ont vu en Panacée le seul acteur capable de concrétiser techniquement ce qu'ils défendent théoriquement : l'indépendance du médecin et la protection du secret médical.
Pour répondre précisément à votre question sur le développement : non, l'association n'intervient pas dans notre roadmap technique. Notre logiciel n'est pas "dicté" par un syndicat. Il est dicté par la réalité du terrain et les besoins ergonomiques des utilisateurs. Cependant, ce partenariat valide notre éthique. Le fait qu'une organisation aussi exigeante nous fasse confiance est la meilleure garantie que nous ne ferons jamais de compromis sur la gouvernance des données ou la vente d'informations à des tiers. Concrètement, ce partenariat se traduit par un avantage tarifaire exclusif pour leurs adhérents, pour les soutenir dans leur installation ou leur modernisation.
Mais notre porte est grande ouverte.
Nous sommes prêts à discuter avec toutes les associations, syndicats ou collectifs, de préférence apolitiques ou transpartisans, qui partagent cette vision d'une médecine libérale libre et moderne. Panacée est un outil au service de la profession tout entière, pas d'une chapelle.

Panacée organise des tables rondes, notamment autour de l’IA au cabinet médical, entre « miracle et mirage ». Comment ces échanges avec les professionnels de santé inspirent-ils l’évolution de votre plateforme de rendez-vous : où placez-vous le curseur entre automatisation intelligente (rappels, tri des demandes, priorisation) et maintien d’un contrôle humain fort pour éviter la déshumanisation de la relation patient-médecin ?

Panacée Média est bien plus qu'une série de conférences. C'est notre radar stratégique.
Nous avons créé ces espaces de débat pour réunir un Comité Scientifique de très haut niveau et anticiper les mutations de la profession bien avant qu'elles ne deviennent des standards techniques. Ces échanges nourrissent notre feuille de route.
Concernant le "curseur" de l'IA, notre position issue de ces travaux est très claire : L'IA doit être un filtre, jamais un mur.
Dans notre vision, l'automatisation intelligente ne sert pas à éloigner le patient, mais à protéger le temps médical du médecin. Nous refusons l'IA qui "répond à la place du médecin" de manière opaque. Nous prônons une IA qui "augmente" le médecin en lui fournissant une information structurée et actionnable.
C'est là toute la différence entre une plateforme technologique froide et Panacée : nous utilisons la puissance du calcul pour restaurer la qualité de l'écoute.

Si l’on se projette à 5 ou 10 ans, comment imaginez-vous la prochaine génération de plateformes de rendez-vous médicaux accessibles : quelles évolutions majeures voyez-vous en termes d’interopérabilité avec les dossiers patients, de régulation (hébergement des données, souveraineté), de modèles économiques et de place des acteurs indépendants comme Panacée face aux géants du numérique ?

Dans 5 ans, la bataille ne se jouera plus sur la simple "prise de rendez-vous", mais sur la confiance.
Nous ne cherchons pas à être un "géant" qui écrase, mais l'infrastructure de référence qui libère. Notre vision est celle d'une interopérabilité citoyenne.
Contrairement aux modèles fermés qui tentent de capter la donnée pour la monétiser, Panacée a fait le pari inverse dès le premier jour : celui de l'ouverture sécurisée. C'est pourquoi nous avons intégré Mon Espace Santé nativement. Nous ne voulons pas créer un écosystème parallèle à celui de l'État, nous voulons être la meilleure porte d'entrée vers le service public numérique de santé.
Sur le plan technique et souverain, notre alliance avec OVHcloud n'est pas un simple choix de fournisseur, c'est un choix politique et industriel.
Nous garantissons une étanchéité totale :

  • L'administratif (le RDV) est fluide et accessible.
  • Le médical (le dossier) est sanctuarisé et ne nous appartient pas.
L'avenir appartient aux acteurs indépendants qui respecteront cette frontière. Les médecins et les patients vont fuir les modèles prédateurs pour revenir vers des outils qui sont de simples, mais puissants, facilitateurs. C'est sur ce modèle, éthique et souverain, que Panacée sera un leader européen en 2030.

Pour conclure, quel message souhaiteriez-vous adresser aux médecins, notamment aux jeunes installés ou à ceux qui se sentent captifs d’une solution dominante, qui hésitent encore à passer à une plateforme alternative de prise de rendez-vous plus simple et plus économique ?

Mon message est simple : Ne restez pas captifs par habitude ou par peur du changement.
Je vous invite à ne pas me croire sur parole, mais à juger sur pièce. Venez tester l'outil. C'est gratuit, sans engagement, et l'ergonomie parle d'elle-même.
J'entends souvent des confrères me dire : "C'est trop beau pour être vrai à ce prix-là". C'est le plus beau compliment qu'on puisse nous faire, mais c'est pourtant une réalité opérationnelle. Panacée n'est plus un concept : nous sommes en production, nous équipons déjà des structures exigeantes comme la MSP Occitane, et les retours terrain nous permettent d'affiner chaque jour notre produit.
Nous avons prouvé qu'on pouvait faire mieux, plus simple et moins cher.
Alors, n'ayez pas peur de reprendre le contrôle. La migration est simple, l'outil est robuste. Rejoignez ceux qui ont décidé que leur outil informatique devait être à leur service, et non l'inverse. Faites partie de cette vague de liberté.

Pour en savoir plus : https://panacee.cloud

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