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Nutrition et bien-être

Interview de Stéphanie Dussaut : Expertise et éthique au service d’une santé mentale accessible à tous

Stéphanie, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer comment votre parcours vous a conduite à créer la Méthode ALMA® au service d’une santé mentale plus accessible et plus humaine ?En premier lieu je voudrais préciser que je ne...

28 avril 2026 24 min de lecture
Interview de Stéphanie Dussaut : Expertise et éthique au service d’une santé mentale accessible à tous

Stéphanie, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer comment votre parcours vous a conduite à créer la Méthode ALMA® au service d’une santé mentale plus accessible et plus humaine ?

En premier lieu je voudrais préciser que je ne suis pas habilitée à parler de « santé mentale », seuls les médecins le sont. Je ne suis ni médecin, ni psychologue, ni psychiatre. Je ne fais donc pas de diagnostics. Seul un médecin est habilité à poser des diagnostics, prescrire, modifier ou supprimer tout traitement médical. Toute question relevant du domaine médical est à poser à un médecin.
J’exerce dans le cadre d'une démarche de bien-être à l'exclusion de tout objectif médical et je ne peux en aucun cas me substituer à un avis médical. Mes interventions ne dispensent en aucun cas de consulter un professionnel de la santé, chaque fois que cela est nécessaire.
La Méthode ALMA® s’inscrit dans la relation d’aide, hors cadre médical et réglementé. Elle ne se substitue donc en rien à un acte ou traitement médical dont elle peut être complémentaire.
Mes prestations ne font pas l’objet d’un conventionnement et ne sont pas prises en charge par La CPAM.

Ceci étant dit, je peux maintenant vous répondre 😊.
Je suis née et j'ai vécu ma jeunesse dans le Pays Basque, à Biarritz.
Entre une scolarité d'enfant précoce, une carrière de joueuse de tennis de haut niveau et une famille ébranlée par plusieurs deuils successifs, j'ai très vite été amenée à me suradapter dans différents environnements au sein desquels je me sentais en décalage. Ne trouvant pas d'appui autour de moi, aucun adulte référent auquel me confier, j'ai cherché par moi-même des solutions et l'introspection m'est devenue naturelle. Je me suis tournée vers les sciences humaines, j'ai étudié par moi-même de très nombreuses approches de psychologie, de philosophie et spiritualités, les médecines ancestrales, l'énergétique, les neurosciences, tout ce qui pouvait nourrir ma soif de compréhension de moi-même et des autres, et éclairer ma quête de sens. Mon parcours a été atypique, riche et intense. Il m'a conduite, à l'aube de la quarantaine, à reprendre des études en Sciences de l'Éducation. Ce qui devait n'être qu'un moyen d'obtenir un diplôme en vue d'une reconversion s'est avéré une révélation, un déclencheur déterminant dans ma vie. J'ai retrouvé dans le contenu du programme toutes les références, les concepts, les approches, la pensée et la vision qui étaient les miennes depuis toujours. J'ai eu la chance de suivre l'enseignement de l'Université de Paris 8 qui compte dans ses rangs des chercheurs et des professeurs de haute qualité avec lesquels je me suis sentie en totale symbiose. Pour la première je me suis sentie à ma place, légitime et appréciée pour qui j'étais, pour ce que je pensais et partageais. J'ai réalisé que je n'avais jamais rien usurpé dans ma vie et que j'étais réellement dotée d'un haut potentiel, ce dont je doutais tant j'ai pu être dévalorisée et culpabilisée par ma famille. J'ai obtenu ma Licence avec une Mention Très Bien, en étant major de promotion et certains professeurs m'encourageaient à poursuivre en Master et Doctorat pour me consacrer à la recherche. Mais je n'ai jamais voulu suivre de longs cursus, j'ai besoin d'action en prise directe avec la réalité. Leur validation m'a par contre donné suffisamment confiance en moi pour me décider à créer ma propre structure professionnelle, à suivre enfin ma véritable vocation. Depuis toujours j'ai voulu me consacrer à la relation d'aide. Quand j'ai eu mon bac à 16 ans, je voulais partir à Bordeaux suivre des études de psychologie mais mes parents ont refusé et je me suis retrouvée à Bayonne en fac de Droit, une punition ! Et cette vocation empêchée, elle était double : j'ai toujours ressenti que Thérapie et Pédagogie sont étroitement liées, que pour aider quelqu'un à aller bien il est nécessaire de lui enseigner les moyens de s'autonomiser dans son bien-être, et dans l'autre sens, que la Connaissance et sa transmission peuvent être thérapeutique et aider quelqu'un à trouver son équilibre. C'est ainsi que j'ai conçu au fil du temps la Méthode ALMA® pour accompagner en Coaching de Vie et Thérapie, aider et guider mes consultants en séances individuelles, et L'École de l'Être® pour transmettre, enseigner, partager mes connaissances et éveiller les consciences, à travers des formations certifiantes et des séminaires de développement personnel.

Votre méthode se veut intégrative, en réunifiant les dimensions physique, émotionnelle, mentale, énergétique et spirituelle. Concrètement, comment cette approche globale permet-elle de rendre l’accompagnement psychique plus efficace tout en restant rigoureusement éthique et sécurisant pour les personnes ?

Je défends une vision à 360°et une pensée transversale qui permettent d'utiliser les apports de nombreuses disciplines et techniques pour personnaliser mon accompagnement. En cela je me retrouve dans la vision d'Edgar Morin, un de mes "Maîtres". Quand j'ai eu besoin d'aide dans mon parcours, j'ai constaté que tous les professionnels de tous les horizons (médecine conventionnelle comme médecines alternatives) étaient dans l'hyperspécialisation. Ils m'apportaient une réponse unique à mes besoins, me proposaient une technique unique et je repartais frustrée de leur cabinet car je ne me sentais pas comprise ni accompagnée dans la totalité de mes besoins. Ils m'offraient une vision parcellaire de mon problème et m'enfermaient dedans, quitte à me culpabiliser si cela ne fonctionnait pas. Aujourd'hui, forte de cette expérience, de mes observations et de mon vécu, je suis déterminée à offrir un accompagnement qui, non seulement tient compte des liens et interactions entre les différentes dimensions de l'être, mais qui agit dessus et les utilise pour en optimiser l'efficacité. J'ai voulu concevoir une approche "intelligente" au sens étymologique du terme : "ramasser, recueillir des informations et choisir parmi ces informations, discerner, démêler, remarquer et comprendre". Et au sens philosophique : "L'aptitude à appréhender et organiser les données de la situation, à mettre en relation les procédés à employer avec le but à atteindre, à choisir les moyens ou à découvrir les solutions originales qui permettent l'adaptation aux exigences de l'action". Les exigences de l'action ce sont les réponses et l'aide à apporter aux besoins, demandes et objectifs du consultant. Pour cela, je collecte un maximum d'informations en me mettant à son écoute, informations que je traite de manière transversale grâce à ma "banque de données personnelles " c'est-à-dire toutes mes connaissances pluridisciplinaires qui me permettent de faire émerger une compréhension profonde. Ensuite, je mets ces informations et leur analyse en relation avec les procédés, techniques et outils thérapeutiques les plus pertinents et adaptés pour proposer des solutions originales, c'est-à-dire personnalisées, sur mesure, et forcément efficientes. La psyché de l'être humain est une structure complexe qui ne peut pas être appréhender autrement que par une pensée complexe, c'est-à-dire transversale, capable de réunir plusieurs éléments différents. Ma méthode se veut ainsi intégrative par ce qu'elle va identifier les informations et les interactions dans toutes les dimensions de la psyché et de l'être dans sa globalité, et aussi par ce qu'elle intègre les apports de nombreuses et différentes disciplines, tant dans l'analyse que dans la pratique thérapeutique : sciences humaines, neurosciences, physique quantique, soins énergétiques. Pour toutes ces raisons, c'est une approche à la fois efficace et éthique, qui à mon sens est susceptible d'inspirer confiance. J'ai bien conscience d'aller à contre-sens de ce qui est valorisé et encouragé aujourd'hui dans notre société : l'hyperspécialisation et la séparation, l'isolement même des savoirs les uns des autres. Ce n'est ni une posture, ni un parti-pris, c'est pour moi une évidence que j'ai choisi de porter et d'incarner. J'ai conçu ma méthode en pensant à ce que j'aurais aimé qu'un professionnel me propose, et je m'applique à être la professionnelle que j'aurais aimé rencontrer, quand j'en avais besoin. Ce qui est selon moi gage de sécurité et d'éthique, c'est la conscience. Le niveau de conscience du professionnel et le niveau de conscience vers lequel il amène son consultant. Entendez "conscience" au sens Rabelaisien de la maxime "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Selon moi, connaissances et conscience sont les deux piliers de l'éthique du professionnel de la relation d'aide. C'est dans cet esprit que j'ai rédigé une charte de déontologie attenante à la Méthode ALMA®, pour sécuriser mes consultants. Elle est consultable et téléchargeable sur mon site ; je la remets à chaque consultant lors de sa première séance, et nous y apposons chacun notre signature, une manière symbolique de nouer une alliance thérapeutique de qualité. Dans un domaine d'activité non réglementé, j'ai voulu me positionner de manière affirmée sur mon attachement à la déontologie professionnelle comme à l'éthique personnelle. C'est dans cet esprit que je délivre mes formations certifiantes à des professionnels qui doivent s'engager à respecter cette charte, afin que la Méthode ALMA® devienne un label de qualité et un repère sécurisant pour le public. Et par dessus tout, c’est dans cet esprit que je mets l’humain au cœur de ma pratique. Chaque être humain est unique. C’est pourquoi j’accueille et valorise la singularité de mes consultants en leur offrant un accompagnement structuré et sur mesure que je conduis avec rigueur. C’est selon moi gage de sécurité, d’efficacité et d’éthique.

Vous combinez coaching (ancré dans le présent) et thérapie (ancrée dans le passé). Quelles sont, selon vous, les limites éthiques à ne pas franchir lorsqu’on navigue entre ces deux registres, notamment avec des personnes en grande vulnérabilité psychique ou sociale ?

Je ne comprends en quoi "naviguer" entre passé et présent représenterait un risque éthique et nécessiterait de poser des limites éthiques à cette démarche ? Au contraire, je dirai que cette opportunité d'aller dans les deux dimensions temporelles est un gage supplémentaire d'efficacité. Prenons un exemple : une femme d'une quarantaine d'années, ingénieur qualité dans une grosse entreprise d'envergure internationale, me contacte car elle vit un mal-être professionnel dû à une perte de sens dans son travail. Elle subit des décisions qu'elle estime déconnectées de la réalité du terrain et se retrouve obligée d'accomplir des tâches qui lui semblent inutiles, d'appliquer des directives qu'elle n'approuve pas et de produire un management dans lequel elle ne croit pas. Au premier abord nous sommes typiquement dans une problématique qui nécessite un accompagnement dans le présent, une approche de coaching. Et c'est sa demande : recevoir une aide pour se détacher de la situation et gérer le submergement émotionnel que cela lui occasionne, évacuer sa frustration et son sentiment d'impuissance. Quand nous entamons ce travail, la consultante m'évoque d'autres situations de sa vie où elle a rencontré des difficultés de même nature et nous identifions un schéma répétitif. De fait, cela peut nécessiter d'aller dans son passé à la recherche du déclencheur initial responsable de la répétition de ces situations douloureuses. En le trouvant, nous pourrons déprogrammer cet ancrage et en libérer la consultante. Si questionnement éthique il doit y avoir, c'est à cet endroit précisément. La consultante, qui prend conscience de cet ancrage dans le passé, a le choix entre deux options : 1. Solliciter uniquement du coaching pour répondre à son objectif initial qui est de se détacher de sa situation professionnelle et de gérer ses émotions pour retrouver son équilibre au travail et dans sa vie personnelle. 2. Commencer par le coaching pour répondre à ses besoins et objectifs prioritaires, et se tourner ensuite vers son passé pour s'assurer que cette situation ne se renouvellera plus dans sa vie, ni professionnelle, ni personnelle, pour déprogrammer ce schéma inconscient. La déontologie professionnelle consiste à informer, éclairer la consultante et lui laisser le choix, sa liberté de décider du parcours qu'elle a envie de suivre. Quand la consultante s'estime entièrement satisfaite avec les résultats du coaching et que ces résultats lui suffisent, elle met un terme à mon accompagnement. Si la consultante est satisfaite des résultats du coaching et qu'elle se sent motivée pour aller plus loin avec un travail dans son passé et dans son inconscient, alors elle peut décider de me solliciter aussi en ce sens. Mais la décision lui appartient à elle seule et je ne fais rien pour l'influencer. C'est ainsi que de nombreux consultants reviennent me voir des mois et des années après un premier accompagnement, pour aller plus loin, par ce qu'ils ont senti et considèrent que c'est le bon moment pour eux. C'est important de ne jamais rien forcer dans le domaine de l'inconscient. Tout cela est strictement réglementé par ma charte de déontologie qui précise tous ces aspects et pose un cadre que je respecte scrupuleusement. Pour nouer une alliance thérapeutique de qualité avec le consultant et lui garantir un cadre sécurisant, respectueux de son intégrité, j'ai rédigé moi-même cette charte qui recense tous les garanties que j'offre au consultant. Je lui remets cette charte lors de sa première séance et nous y apposons chacun notre signature en symbole de notre engagement mutuel. Dans cette charte il y a aussi l'évocation de quelques règles à respecter par le consultant de manière à le placer en situation de responsabilité de lui-même et de conscience de son implication dans son parcours d'accompagnement.

La Méthode ALMA® puise dans des références aussi diverses que la psychologie analytique, l’AT, la psychanalyse jungienne, la systémique, la psychogénéalogie, le décodage biologique, ou encore les approches énergétiques et quantiques. Comment faites-vous, très concrètement, pour articuler ces courants sans tomber dans l’ésotérisme ni dans la simplification abusive, et garantir une véritable exigence clinique ?

Je voudrais clarifier ce terme d'"ésotérisme". Originellement il décrivait dans l'Antiquité un mode de transmission d'une doctrine, de connaissances réservées à des adeptes qualifiés que l'on disait "initiés". Par opposition à l'enseignement "exotérique", c'est à dire destiné au grand public, à un public de profanes. Aujourd'hui le terme d'ésotérisme est employé à tort et à travers et il est devenu un "fourre-tout" où se mélangent les approches énergétiques qui foisonnent sous toutes les appellations, les croyances spirituelles de toutes sortes, et tout un tas de pratiques "miraculeuses" vendues par des personnes qui se prétendent et se croient initiées, qui se prennent pour des "éveillés" ou des "élus". Ce sont là les effets pervers du courant New-Age combinés au culte narcissique de notre société et amplifiés par les périodes de confinement lors de la crise du Covid qui ont vu l'émergence d'une génération spontanée de "thérapeutes" qui ont vécu des "révélations" et ont suivi en ligne n'importe quelle formation. Si votre acception du terme " ésotérisme" est de cette nature, alors je vous dirai que je ne me reconnais absolument pas dans ces mouvements et qu'il me tient à coeur de ne surtout pas y être assimilée. Il y a eu et il y a encore tellement de dérives et d'abus que cela cause du tort à certaines approches qui méritent pourtant d'être considérées et valorisées. C'est le cas de certaines approches énergétiques et quantiques pour peu que l'on fasse l'effort de séparer le bon grain de l'ivraie. Je me suis formée initialement, et je forme moi-même désormais, à des pratiques énergétiques transmises par des médecins et des chercheurs dans le domaine médical et scientifique. J'ai eu la chance de participer à des symposiums dans lesquels intervenaient des "pointures" dans le domaine, comme Marie-France Bel, Docteur en Sciences et directrice de recherches dans un laboratoire en neurobiologie, qui a publié "Les chemins de la guérison quantique, une nouvelle médecine de l'information et de l'énergie" ; comme Emmanuel Ransford , diplômé de Polytechnique, épistémologue et chercheur spécialiste de physique quantique, conférencier international, qui a publié de nombreux ouvrages sur la conscience quantique dans une approche qui tente de concilier matière et conscience ; ou encore comme le Professeur Ervin Laszlo, Docteur en Philosophie des Sciences, théoricien des systèmes, membre de l'Académie hongroise des Sciences, de la World Academy of Art and Science, de l'Académie Internationale de philosophie des sciences, Professeur à l'Université de Yale. Il a fondé le Club de Budapest, un think-tank qui réunit les esprits les plus élevés dans de nombreux domaines pour se consacrer à l'élaboration d'une nouvelle façon de penser et une nouvelle éthique qui aideront à résoudre les problèmes sociaux, politiques, économiques et les défis écologiques du 21ème siècle. Il a été nominé par deux fois pour le Prix Nobel de la Paix. Il est connu aussi pour avoir publié de nombreux ouvrages sur la conscience quantique et le champ akashique. Ce ne sont pas des personnes que l'on pourrait soupçonner d'être tombées dans l'ésotérisme, ni dans la simplification abusive. Et ce sont mes références. C'est dans leurs ouvrages, dans leurs conférences, dans leurs enseignements que je me suis formée et me forme encore et toujours; c'est dans leurs démarches et leurs approches que je m'inscris, en toute humilité et toutes proportions gardées bien sûr. Mon credo consiste à ne pratiquer et ne transmettre que des outils et techniques prouvés et éprouvés de manière scientifique. Certes, en faisant appel à des sciences récentes comme l'épigénétique, apparue dans les années 1950, qui valide la psychogénéalogie et les approches quantiques ; les neurosciences et leurs dernières découvertes qui valident aussi, différemment, les approches énergétiques et quantiques. En y regardant de plus près, vous constaterez que ces sciences modernes ne font que redécouvrir et mettre en lumière ce que les médecins, les philosophes, les scientifiques et les enseignants de l'Antiquité savaient et pratiquaient déjà à leur époque. À une époque où cela ne choquait personne qu'un médecin soit aussi herboriste, astrologue, mathématicien, physicien, philosophe, etc. Il n'y avait pas de séparation des savoirs ni des disciplines et la transversalité était la norme. Aujourd'hui je ressens très fortement la nécessité de revenir à ces conceptions en les enrichissant de nos connaissances actuelles et dans une perspective en phase avec les enjeux contemporains. En cela, la Méthode ALMA® ne peut et ne veut verser ni dans l'ésotérisme, ni dans une simplification abusive. Je crois en une 3ème voie, une voie intégrative qui place l'individu au coeur du processus. Une voie qui fait confiance à l'intelligence et à la conscience de chacun, sans apriori. Une voie qui nourrit cette intelligence et cette conscience sans le folklore ni le narcissisme de l'ésotérisme et sans raccourci simpliste ni simplification abusive. Ainsi, mon approche thérapeutique se veut aussi pédagogique pour mettre le consultant en responsabilité de lui même et l'impliquer dans son cheminement, et mes enseignements ont aussi une dimension thérapeutique dans la mesure où ils visent à élever le niveau de conscience de chacun. Je crois que la réponse à votre question peut se résumer avec ces deux mots-clés : conscience et responsabilité. De ma part, pour garantir au consultant ce que vous entendez par "véritable exigence clinique", et mise en conscience et en responsabilité du consultant dans une double intention d'éthique et d'efficacité.

Dans vos accompagnements individuels comme dans vos formations aux « Fondamentaux de la Relation d’Aide », quels freins majeurs observez-vous aujourd’hui à une santé mentale réellement accessible à tous (coût, culture, manque de repères, méfiance envers le psy, etc.) et quelles pistes concrètes mettez-vous en place pour les dépasser ?

Le premier frein que j'observe est assurément le frein financier. C'est le cas pour tous les professionnels non conventionnés et non remboursés. Pour y remédier et rendre mes accompagnements accessibles à tous, j'ai adhéré à une association qui soutient les personnes en situation financière précaire désirant prendre en mains leur santé globale et devenir acteur de leur bien-être. Les praticiens adhérant à cette association accepte de se voir imposer un tarif "plancher" défini en fonction des revenus de la personne. Je consacre ainsi une demi-journée voire une journée par semaine à recevoir ces bénéficiaires. La deuxième observation majeure est plus culturelle : je constate que 80% de mes consultants et de mes élèves sont des femmes. Il y a encore un blocage, une résistance à "consulter", dans la population masculine. Le problème me semble trouver sa source dans l'éducation, dans les croyances entretenues et transmises autour de la masculinité et autour du fait de de demander de l'aide quand on est un homme. Je n'ai rien mis de particulier en place, simplement j'observe que c'est souvent quand un mari constate les changements positifs chez sa femme qui a consulté, qu'il se décide à franchir le pas. Il veut vivre la même transformation, bénéficier des mêmes effets positifs. Les femmes ont, de manière générale, un rôle moteur à jouer pour aider les hommes à lâcher leurs peurs d'être stigmatisé en consultant un professionnel de la santé mentale ou du bien-être.

Vous intégrez les apports des neurosciences et des nouvelles recherches sur la conscience. Selon vous, à quoi pourrait ressembler une pratique de la relation d’aide à la fois profondément éthique, pluridisciplinaire et accessible au plus grand nombre dans 10 ou 15 ans, et quel rôle la Méthode ALMA® pourrait-elle y jouer ?

Mes développements précédents ont déjà largement décrit ma vision en ce domaine. Je n'ai pas la prétention que la Méthode ALMA® soit une référence mais j'ai peut-être l'ambition qu'elle le devienne. C'est la raison pour laquelle je vais me consacrer aussi à l'écriture pour transmettre et partager dans l'idée de diffuser beaucoup plus largement. Je forme le vœu que la vision de la relation d'aide se transforme radicalement dans les prochaines années et je crois fortement que cela passera par une refonte totale du système éducatif. Aujourd'hui la relation d'aide reste majoritairement ciblée sur le symptôme visible, quelle soit portée par des professionnels conventionnels ou non. Demain, j'espère qu'elle considèrera l'humain dans sa globalité, dans son entièreté, et qu'elle normalisera l'approche qui consiste à s'intéresser à l'être dans toutes ses dimensions et dans toutes ses temporalités. Cela passe forcément par des contenus d'enseignement remaniés et des pédagogies nouvelles pour former des individus complets, conscients de toutes ces dimensions et aptes à en prendre responsabilité. Cela passe aussi par des formations du corps enseignant repensées en ce sens. Il faut faire naître une nouvelle génération d'enseignants. Des enseignants aptes à élever autant le niveau de conscience de leurs élèves que leur niveau de connaissances, soucieux de leur apprendre à réfléchir par eux-mêmes, à développer un esprit critique et indépendant. C'est un enjeu qui dépasse de loin le seul objectif de santé mentale. À travers l'éducation c'est toute la condition humaine qui peut être transformée bénéfiquement, c'est toute l'architecture de notre société qui peut être régénérée, c'est tout le concept de citoyenneté qui peut être repensé. C'est un enjeu de civilisation. Aujourd'hui je pense que les personnes qui consultent sont paradoxalement celles qui vont le moins mal. Je le dis de manière un peu provocatrice pour marquer les esprits, au sens où c'est plutôt un signe de bonne santé mentale de se sentir inadapté à la société d'aujourd'hui. Les maux de notre société sont responsable des maux qui affectent la santé mentale de la population. La relation d'aide d'aujourd'hui et des 10 ou 15 prochaines années doit intégrer cette perspective pour proposer des accompagnements qui ne se contentent pas de faire disparaître un symptôme mais qui en remontent le fil jusqu'à sa source pour rendre à l'individu son pouvoir de rectifier sa trajectoire, d'explorer de nouvelles orientations, d'expérimenter un autre chemin de vie plus aligné avec son identité et sa nature profonde. Il s'agit de développer des approches et de former des professionnels qui éduquent, qui élèvent, qui libèrent l'individu, qui lui redonnent son autonomie et sa liberté, qui le guident vers la maîtrise de ses instincts et de ses pulsions, de ses pensées, ses émotions et ses actions, qui favorisent, encouragent et soutiennent son accomplissement. C'est cette vision et cette intention que symbolise l'acronyme ALMA®. Aujourd'hui, j'avance peut-être à contre-courant mais je ne voudrais pas procéder autrement. Ce qui surprend ou dérange aujourd'hui peut devenir la norme de demain. Si la Méthode ALMA® peut jouer un rôle c'est celui-là. Elle a le mérite d'exister aujourd'hui et c'est un grand bonheur et un grand honneur pour moi de la porter, de la diffuser et de la partager. C'est vraiment dans cet esprit que j'avance aujourd'hui, dans l'idée de semer et d'essaimer, d'ensemencer les consciences pour contribuer modestement, à ma petite échelle, à faire advenir une nouvelle conscience, un nouvel humanisme, une nouvelle Renaissance. Une conscience qui repose sur une valorisation égale des fonctions des hémisphères gauche et droit du cerveau, qui tend des passerelles entre matière et énergie subtile, entre sciences et spiritualité, entre imagination et rationalité, entre inspiration et logique, entre réflexion et intuition. Un humanisme qui vise à permettre à chacun d'atteindre la plénitude de son être, qui remplace la vision dualiste par une vision quantique où tout peut coexister sans se neutraliser, qui concilie développement personnel et croissance collective. Une nouvelle Renaissance qui puise dans les travaux et les propositions d'Edgar Morin et du Pr Ervin Laszlo, dans l'héritage laissé par Stéphane Hessel et Pierre Rabhi, dans les enseignements de Jiddu Krishnamurti, dans l'oeuvre des philosophes comme Spinoza et Nietzsche, dans la maïeutique de Socrate. entre autres car cette liste est non exhaustive. Je suis persuadée que c'est un des desseins de la relation d'aide, et non des moindres, de réparer les maux de la société à travers les maux des individus, et de contribuer à faire naître un nouveau modèle de société en contribuant à faire naître chaque à sa vérité, à sa nature profonde, à sa singularité, tout en lui faisant prendre conscience de son universalité, de sa reliance à tout le monde vivant.

Pour conclure, quel conseil ou message aimeriez-vous adresser à nos lecteurs qui ressentent un mal-être psychique mais n’osent pas encore demander de l’aide, et à ceux qui souhaiteraient s’engager dans la relation d’aide avec une vraie exigence éthique ?

À celles et ceux qui n'osent pas encore demander l'aide dont ils ont besoin, je citerai cet enseignement de Jung que j'ai paraphrasé précédemment : "Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie." Si vous ressentez un mal être, considérez le comme un signal d'alarme salutaire. En demandant de l'aide vous vous faites un énorme cadeau, celui de pouvoir (re)devenir acteur et créateur de votre vie et le simple fait de faire le premier pas vous place déjà sur le bon chemin. À celles et ceux qui souhaiteraient épouser la voie de la relation d'aide avec des garanties d'éthique, je me permettrai un clin d'oeil en forme de "minute commerciale" : contactez moi pour vous renseigner sur mes formations ! 😊 De cette manière, après avoir répondu très sérieusement à vos questions, j'incorpore à cette interview une note nécessaire de légèreté et d'auto-dérision. Il n'est jamais bon de se prendre trop au sérieux.

Pour en savoir plus : https://stephaniedussaut.fr